DIFFUSION DE L’ESPAGNOL 75116 Paris
Courriel : afde.asso@wanadoo.fr Site : http://www.afde.asso.fr
LETTRE AUX ASSOCIATIONS DE PARENTS D’ÉLÈVES CONCERNANT
L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES VIVANTES
L’Association Française pour la Diffusion de l’Espagnol (AFDE) est une association Loi de 1901 dont les membres, appartenant ou non au monde de l’Enseignement, sont réunis par leur intérêt pour la diffusion de la langue espagnole en France et par celle du français en Espagne et dans les pays hispanophones.
L’AFDE,
consciente du rôle prépondérant joué par les familles dans la scolarité de
leurs enfants et dans les choix que celle-ci implique, souhaite rappeler aux
parents certains principes concernant l’apprentissage des Langues Vivantes,
afin d’une part qu’ils prennent leurs décisions en toute connaissance de cause,
d’autre part qu’au travers de leurs associations, ils appuient les demandes des
professionnels en vue d’une amélioration du service proposé.
1) Plus un enfant apprend jeune une ou plusieurs langues vivantes, plus cet apprentissage est aisé et donne des résultats à terme ; sans compter qu’il est prouvé qu’apprendre une langue étrangère peut être une aide précieuse pour l’apprentissage du français. Il est donc souhaitable d’inclure les Langues Vivantes dans les programmes de l’Ecole élémentaire, à la condition que ce soit dans le cadre défini d’un apprentissage réel, et non d’une simple « sensibilisation », terme dont le flou laisse la porte ouverte à un saupoudrage qui ne saurait être qu’une perte de temps au détriment des apprentissages fondamentaux.
2) L’apprentissage
d’une langue vivante s’opère sur plusieurs années de scolarité, et nécessite
une continuité. C’est pourquoi il faut exiger qu’au niveau académique, une
langue vivante enseignée à l’Ecole élémentaire soit présente également au
Collège dès la 6ème, puis au Lycée, afin d’assurer cette
nécessaire continuité qui, seule, donne sa cohérence à cet apprentissage.
3) L’apprentissage
de toute langue vivante est une école de rigueur, de régularité dans le
travail, d’attention et de concentration, à partir du moment où cet
apprentissage est bien mené. Il n’y a pas de
langue vivante qui soit plus formatrice pour l’esprit d’un enfant qu’une
autre. C’est pourquoi il est souhaitable que l’éventail des Langues Vivantes
proposées à l’Ecole élémentaire et au Collège, soit le plus large possible,
aussi bien en 1ère qu’en 2ème langue.
4) L’apprentissage
d’une langue vivante est une ouverture sur le monde et sur autrui,
indispensable à la connaissance et au respect mutuels. C’est pourquoi il
faut éviter à tout prix une « régionalisation » ou une
« sectorisation » des Langues Vivantes, source de communautarisme
et de repli sur soi, dont notre époque souffre déjà trop.
5) La
qualité d’un enseignement est le fruit de la qualité de la formation des
maîtres. C’est pourquoi il faut exiger que les enseignants de Langues
Vivantes reçoivent une formation théorique et pratique digne de ce nom, et
éviter la nomination à ces postes de personnes pleines de bonne volonté mais
parfois totalement incompétentes en matière de pédagogie. Cette exigence doit
être exprimée à tous les niveaux d’apprentissage, que ce soit à l’Ecole, au
Collège ou au Lycée.
6) L’expression
« Langue Vivante » implique une participation active des
apprenants : plus que pour toute autre matière, la classe de Langue
Vivante est une classe où l’échange est permanent, où la prise de parole est
fondamentale, où l’implication de chaque élève est réelle. Pour que chacun ait
la possibilité de progresser, pour que chacun bénéficie d’un temps de parole
raisonnable, pour que le professeur puisse guider et corriger efficacement
chacun, l’effectif d’un groupe de Langue Vivante doit être limité.
7) Pour
bien apprendre une langue vivante, la fréquence des heures de cours joue un
rôle majeur : 45 minutes chaque jour sont infiniment plus efficaces que
trois fois une heure par semaine. C’est pourquoi il est raisonnable d’exiger
des horaires hebdomadaires plus importants et mieux équilibrés, en
particulier au Collège et au Lycée.
8) Toutes
ces conditions sont nécessaires pour que la qualité de l’apprentissage des
Langues Vivantes soit accessible à tous, et non pas seulement réservée aux
enfants que leurs familles envoient en séjour linguistique à l’étranger.
Telles sont
les réalités de l’apprentissage des Langues Vivantes qui nous semblaient
mériter d’être rappelées. La conjonction des efforts des diverses Associations
concernées par ce problème : Associations de Parents, Associations ou
Syndicats d’Enseignants, Associations Professionnelles ou non, doit permettre
d’obtenir les meilleures conditions pour que nos jeunes sortent du système
scolaire avec une réelle compétence en Langue Vivante, car au-delà de l’acquis
humain et culturel que cela représente, c’est là aussi aujourd’hui, comme nul
ne l’ignore plus, l’une des clés de l’intégration et de la réussite
professionnelles.
Fait le 15 décembre 2005
Anne- Marie Penon, Claudine
Soëtard
en charge du dossier Présidente
par délégation du Comité