Velázquez
Londres invite Velázquez et vraiment, vous devriez
vous faire inviter : vous y rencontreriez le peintre de la cour :
Celui du roi, à la chasse ou non, celui de l’infante, du prince Baltasar, de la
reine ... Vous y verriez Innocent X, le pape que l’on disait laid et violent,
que Velázquez voit observateur intelligent et sans indulgence, et puis Mars -
défait, pas guerrier du tout ! – et Venus, et bien d’autres ....
Personnellement, c’est le
Velázquez des « bodegones », le peintre picaresque, que j’ai préféré.
Celui qui vous vendrait ce verre d’eau fraîche : la transparence du verre
ne laisse aucun doute sur la qualité de l’eau. Si vous hésitiez, la figue bleue
qui est au fond du verre, comme aujourd’hui encore à Séville, dit-on, vous
rassurerait sur la fraîcheur de l’eau.
Je ne sais pas si vous êtes comme
moi, mais lorsque je vois une exposition, je choisis un tableau, celui qui
m’accompagnera dans mes journées, celui que j’aimerais que mes amis voient.
Ainsi, j’ai emporté cette vieille femme qui, tout en faisant frire ses œufs,
écoute l’enfant boudeur et, de son regard bienveillant et généreux, semble
l’apaiser.
Vous voyez bien que Velázquez vous attend, à la
National Gallery, jusqu’en janvier.
Et puisque vous êtes (ce n’est plus un
conditionnel !) sur place, pourquoi ne pas en profiter pour faire une
escale à la Tate Britain : Holbein le Jeune vous y attend, avec ses
brocarts, ses soies, ses velours, sans compter que ce n’est jamais du temps
perdu que de passer saluer Erasme !
Dans les deux
cas, Internet se fera un plaisir de réserver pour vous.
www.nationalgallery.org.uk – www.tate.org.uk